ENTRE DOUTES ET DÉCLIC : LE POINT À MI-PARCOURS AVEC CLÉMENT ALCACER

À mi-parcours d’une saison riche en rebondissements, la JDA Dijon Handball affiche un bilan équilibré en championnat (5 victoires – 4 défaites) et s’est offert une qualification pour la phase de groupes de la Coupe d’Europe au terme d’une double confrontation épique face à Bera Bera. Après un début de saison compliqué et marqué par des défaites frustrantes, le groupe a su redresser la barre pour retrouver une dynamique positive et relancer ses ambitions.

Au cœur de cette progression, Clément Alcacer, entraîneur de l’équipe, revient sur les semaines qui ont façonné ce premier acte : la gestion d’un début délicat, le travail mental entrepris pour relancer la confiance, la force collective révélée en novembre et l’émotion d’une qualification européenne acquise dans un Palais des Sports en fusion. Entre lucidité, ambition et attachement au collectif, il dresse un bilan sans détour de cette première partie de saison

 

Comment as-tu vécu ce début de saison difficile, marqué par les défaites contre Saint-Amand et Chambray ?

« C’était délicat. Il y avait un mélange entre l’excitation de repartir faire une nouvelle saison avec un recrutement et un travail de qualité, et des résultats compliqués. Il y avait un grand écart entre ce sentiment d’avoir fait le travail en amont de la saison et de ne pas se récompenser.

Je pense que l’on avait peut-être sous-estimé le fait d’assumer le rôle de favori. C’est quelque chose que l’on n’avait pas vécu auparavant. Les résultats n’étaient pas à la hauteur de ce que l’on espérait. En revanche, j’avais tout de même le sentiment que, dans le jeu produit, on n’allait pas être très loin. Le plus important, dans ces moments-là, c’est de ne pas s’affoler et d’aller chercher les réponses et les solutions à nos problèmes. »

 

La dynamique s’est ensuite inversée avec trois victoires pour une seule défaite. Comment expliques-tu ce changement de visage de l’équipe ?

« On s’est surtout attaché à travailler sur le secteur mental, que ce soit le staff ou les joueuses. Le préparateur mental a travaillé à la fois collectivement, mais aussi individuellement avec les filles. L’important, c’était que tout le monde se rassure quant aux qualités et aux compétences de l’équipe pour viser les objectifs fixés en début d’année.

Une fois que l’on a réussi à se rassurer, la dynamique collective dans la victoire est toujours plus simple à faire perdurer. J’ai le sentiment que, lorsque l’on a remis les choses dans l’ordre mentalement, on a réussi à performer et à aller chercher des victoires. »

 

Le mois de novembre a été particulièrement important. Comment as-tu abordé la rencontre contre Bera Bera et qu’as-tu ressenti sen après-match ?

« Le mois de novembre était décisif, surtout au vu de notre début de saison. J’avais donné aux filles l’objectif de faire un 4/4, avec en championnat une victoire à Sambre, une victoire contre Paris à domicile et cette double confrontation en Coupe d’Europe.

Le staff avait travaillé pour que les filles soient prêtes pour ce moment-là et pour ces quatre matchs en deux semaines. On a la chance de pouvoir compter sur un collectif de qualité, mais également de quantité. On a pu s’appuyer sur les performances de chacune, ce qui nous a permis d’être performantes sur plusieurs tableaux.

Concernant le match aller contre Bera Bera, je pense que c’est une chance, au tirage, de tomber contre une équipe aussi forte, car c’est pour ce genre de rencontre que l’on a envie de jouer cette Coupe d’Europe. Ils nous ont posé beaucoup de problèmes.

Après le match, j’étais à la fois rassuré, car je savais qu’on avait de la place pour exister, mais aussi stressé à cause de ces trois buts de retard. C’était un peu particulier dans ma tête. On n’était pas si loin, mais en même temps on était quand même derrière au score. J’avais envie de me plonger directement sur le match retour afin d’aller chercher cette qualification. C’est vraiment une dynamique intellectuelle intéressante que de jouer des matchs aller-retour en si peu de temps. »

 

Comment as-tu vécu le match retour et la qualification pour la phase de groupes ?

« On était très excités mais à la fois très stressés. Il s’agissait de l’un des matchs les plus importants de la saison, car ne pas se qualifier en Coupe d’Europe aurait été un vrai échec par rapport à la construction de l’équipe. Une qualification nous donnait l’opportunité de jouer 15 matchs en janvier/février, et c’est pour cela que l’on est là. On avait très à cœur de bien faire. On savait que l’on était chez nous. Nous avions bien préparé cette rencontre tactiquement.

Vivre ce match dans ce Palais qui était en feu restera un moment fort et inoubliable dans ce que je vis à Dijon. Il y a vraiment eu beaucoup d’émotions. Il y a eu des hauts et des bas. Au début, on ne se voyait pas qualifiés, puis on revient fort à la mi-temps. En début de deuxième période, on est presque sûrs d’être qualifiés, puis Bera Bera revient au score et repasse même devant sur la double confrontation. Au final, on tombe sur une égalité parfaite et on l’emporte aux penalties.

C’était assez dingue de le vivre avec tous les supporters qui criaient, avec toute cette ambiance que nous n’avions que rarement vécue au Palais. C’était un moment très fort. C’est un moment que l’on souhaite revivre, donc on est très contents d’être encore en Coupe d’Europe. »

 

Si tu devais dresser un bilan de cette première partie de saison, que retiendrais-tu ?

« Je retiens la force de caractère de l’équipe, qui a su aller dans ses retranchements pour relever la tête et finalement réaliser un début de saison correct. L’ensemble des objectifs est encore abordable, tout reste à jouer.

Je suis très content de voir que les filles continuent de progresser, que certaines sont appelées en équipe nationale. Je suis également heureux de voir le Palais des Sports se remplir de plus en plus les soirs de match. On sent que l’histoire de notre équipe est de plus en plus suivie. On a envie de la faire perdurer le plus loin et le plus haut possible. C’est une première partie de saison qui donne envie pour la suite. »

 

Cette première moitié de saison aura donc été celle de la résilience et de la reconquête pour la JDA Dijon Handball, désormais pleinement relancée et animée par une dynamique prometteuse. La seconde partie s’annonce tout aussi passionnante, avec de nouveaux défis à relever sur la scène européenne comme en championnat.

Le tirage au sort de la phase de groupes de la Coupe d’Europe aura lieu demain à 11h sur la chaîne YouTube The Home of Handball, une étape attendue qui permettra de connaître les prochains adversaires du club. En championnat, la JDA retrouvera la compétition le samedi 3 janvier à 19h du côté de Besançon, pour un derby bourguignon qui s’annonce bouillant. Un déplacement supporters sera d’ailleurs organisé pour l’occasion. Il faudra ensuite attendre le mercredi 14 janvier à 19h30 pour revoir les Dijonnaises au Palais des Sports, où elles accueilleront Le Havre, promu de cette saison.

Autant de rendez-vous qui donneront le ton d’un début d’année déterminant et qui confirment une chose : cette équipe a encore beaucoup à montrer.

 

#MyJDA #JDAFamily

Toutes les actus du CDB